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L'Annonce faite à Marie

Extraits de presse :


Luc Migeot In Le Peuple, 08/04/1992

La mise en scène de Jacques Delcuvellerie renforce encore le mystère, la transcendance du texte par l’utilisation quasi permanente d’une musique vocale à trois voix, soutenue tantôt par l’action comme une habituelle musique de scène, tantôt illustrant le plateau nu, remplissant de sa présence immatérielle les indications scéniques données par Claudel.

 

Eva Balder In Luxemburger Wort, 03/04/1992 

Les voix et la musique de l’âme « L’annonce faite à Marie » de Paul Claudel au Théâtre Varia à Bruxelles

Jacques Delcuvellerie assure une mise en scène remarquable où chaque objet a sa place, où chaque personnage évolue par rapport à un grand cercle qui rappelle le pavage des cathédrales gothiques et dont le centre est le point vital. Impossible de passer sous silence l’extraordinaire travail réalisé pour la musique […] et l’interprétation du trio […] qui enveloppent toute la pièce d’un voile surnaturel. Mise en scène, musique et décors très simples pour nous présenter un véritable théâtre-opéra où les paroles sont musique et la musique des voix qui s’entremêlent pour nous faire pénétrer dans le Moyen-Age mythique, dans un ailleurs. Une pièce qui ne laisse pas intact, pour peu que l’on range un instant ses schémas de pensée contemporains et qu’à la manière de la lépreuse, on se laisse guider par les voix et la musique de l’âme.

 

In Le Vif / L’Express, 27/03/1992 

« L’annonce faite à Marie » émeut par sa lumineuse sobriété, le respect de l’écriture passionnée de Claudel, éclairée d’une judicieuse distance. Rigoureux, généreux, Delcuvellerie livre ainsi un spectacle juste et flamboyant de questions.

 

Sabrina Weldman In La Cité, 25/03/1992

Le souffle d’un rituel

C’est à un inattendu et rare rituel qu’il [Jacques Delcuvellerie] nous convie, amplifié par un parti pris d’éclairages en clair-obscur et par l’utilisation du chant – la parole musicale de trois chanteurs prolongeant la respiration de la parole proférée par les acteurs. Si la mise en scène, épurée, s’appuie sur la simplicité du geste et suscite l’émotion, la création de Delcuvellerie n’est en rien déréalisée. Le poids de la terre et des corps est perceptible. […] ce travail d’une grande rigueur et d’une profonde unité ne semble pas monolithique dans sa proposition. Tout en nuances, c’est l’impossible plénitude actuelle qu’il interroge. L’annonce faite à Marie touche à notre besoin de spiritualité, à notre aspiration vers des valeurs autres que le mercantilisme, vers une utopique pureté, et remue en nous le sentiment d’une fêlure. La douloureuse étreinte du manque.

 

Sabrina Weldman In Art et Culture 

Sacrées Soirées

L’itinéraire et la pratique du Groupov apparaissent uniques en ce pays, ses membres étant perpétuellement en quête d’une forme possible de représentation de l’état du monde dans lequel nous vivons. […] le projet « Vérité » […] pour le moment à double face, passionnant de par son approche, puisqu’une fois de plus il pique à vif dans notre époque, promet d’ébouriffantes secousses lors de sa réalisation.

 

Y.B. In La Meuse, 28/02/1991 

« L’annonce faite à Marie » : beau et émouvant comme une cathédrale gothique

Jacques Delcuvellerie s’applique à donner à l’œuvre de Claudel, tout emprunte de mysticisme médiéval, une grandeur d’âme, une odeur de sainteté qui se heurte à un désir de bonheur très terre à terre. Pour mieux mettre en valeur le texte, il n’a pas hésité à innover en faisant appel à un trio de chanteurs. […] Par cet apport vocal, Jacques Delcuvellerie est parvenu à donner à l’Annonce une dimension supplémentaire, que Claudel avait déjà voulu lui conférer. […] ‘L’annonce faite à Marie’ sera certainement un des tout grands moments de la saison théâtrale liégeoise.

 

N.W. In La Wallonie, 27/02/1991 

Opéra de paroles

Enveloppées dans cette matière sonore souple, ondulantes, chuchotantes, les voix qui la composent jamais ne s’opposent sans raison aux paroles théâtrales. Bruissement constant de l’univers, le grain des voix s’offre un tapis, en contrepoint, en soutien ; jamais en vain. C’est un travail tout en dentelle, que Jean-Louis Libert a livré en collaboration avec les trois chanteurs pour fondre la musique dans l’espace des mots et, sans le mettre en avant, la rendre cependant essentielle. Résonances multiples, écoute de l’intérieur. Subtilité du tissage.

 

In La Libre Belgique, 27/02/1991 

Une « Annonce » empreinte de sacré et de spiritualité qui célèbre superbement aujourd\'hui, mais non sans ambiguïté (!) la perte des grandes croyances et des élans absolus. Etonnant travail artisanal, magnifiques musiques originales.

 

Francis Chenot In Libertés, 27/02/1991

L’annonce faite à Marie Claudel au pied de la lettre

[…] assurément, dans le champ théâtral de notre Communauté, le Groupov et « Delcu » sont de ceux qui ont des choses à nous dire. Voici L’Annonce faite à Marie version Delcuvellerie. C’est à la fois surprenant et enthousiasmant… […] et ressentir une émotion vraie, pleine et entière face à un drame humain, magistralement humain, parce qu’assumé totalement. […] En tout cas, un spectacle « incontournable ». […] Il faut dire que tout concourt à cette réussite qui ne doit rien au hasard. A commencer par cette sobre scénographie de Luc D’Haenens qui a imaginé un espace nu dans un esprit très gothique. Et cette remarquable distribution […] Il ne faudrait pas oublier […] la musique de Jean-Louis Libert admirablement servie par les voix de Marianne Pousseur, Lucy Grauman et Paul Alexandre Dubois. Sans parler des éclairages en pénombre. Ou de ces images, parfois inattendues, qui font le régal des yeux […]

 

Michèle Marchal In La Wallonie, 25/02/1991 

Une « sacrée » rencontre !

[…] rendez-vous on ne peut plus surprenant. Un rendez-vous fixé par Jacques Delcuvellerie, […] à la pièce de Paul Claudel « L’Annonce faite à Marie ». Et, surprise, de détournement, il ne fut point question. […] Pour rendre au texte sa dimension sacrée, une dimension qui heurte aujourd'hui – que l’on soit ou non catholique – Delcuvellerie refuse l’option naturaliste qui aurait tôt fait de banaliser et de rendre peu crédible, voire ridicule, le personnage de Violaine et d’Anne Vercors. Ces personnages appartiennent à une autre époque, à un autre monde, à un ailleurs qui n’est ni ici ni là-bas, ni maintenant ni avant. Dans cette optique, Delcuvellerie opte pour le dépouillement. Sur scène, très peu d’objets, […]. Sans oublier la lumière. Toujours discrets, les éclairages de Philippe Sireuil enveloppent la scène d’une sorte d’aura spirituelle, comme pour la rendre immatérielle […] Seuls les costumes d’Anne Van Bree apportent quelques touches de couleur et semblent situer les faits au Moyen-Age idéal, « c'est-à-dire nulle part » pour paraphraser Ubu Roi. Cette mise à distance se marque encore dans le jeu des acteurs et dans la façon dont ils nous livrent le texte. Les gestes sont amples, lyriques, tragiques et le parlé déclamatoire. Mais le tout est « habité », « sensible », « sensuel ». Rien à voir donc avec la froideur souvent associée à la déclamation. Ici, le souffle et la respiration sont importants ; ils cadencent le débit et rendent au texte sa poésie et sa musicalité. […] Jacques Delcuvellerie signe une très grande mise en scène respectueuse du texte de Claudel. Et si le premier acte semble long, c’est parce que le spectateur doit trouver le rythme, saisir le souffle, et se laisser submerger par le drame peu commun qui se joue devant lui. Passé cette étape, tout s’éclaire. […] et il n’est pas trop pompeux de dire que tous les comédiens ont trouvé le ton juste. De toute façon, le public a répondu […] par une véritable ovation. Le projet « Vérité » semble porter ses fruits et interpeller le spectateur. Un grand coup de chapeau donné à Delcuvellerie qui a su toucher le public avec un spectacle très long […] dont le thème est loin de faire l’unanimité. […] c’est du très grand théâtre.